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Elections with Integrity as a Key Peacebuilding Tool – H.E. Joe Clark, Dialogue Participatif sur les Elections au Cameroun

Elections with Integrity as a Key Peacebuilding Tool – H.E. Joe Clark, Dialogue Participatif sur les Elections au Cameroun

On 6-7 December 2017, the Electoral Integrity Initiative (EII) convened a conference in Cameroon entitled “Dialogue Participatif sur les Elections au Cameroun”. H.E. Mr. Joe Clark, former Prime Minister of Canada and EII Senior Panel member, delivered a keynote speech opening the conference in both English and French. The transcript is available below:

Messieurs les Présidents, Excellences, Mesdames et Messieurs. C’est un honneur d’être de retour au Cameroun après toutes ces années.

J’ai eu le privilège de travailler en Afrique pendant des décennies dans les sphères de la diplomatie, des affaires et du développement, m’employant à faire reconnaître l’Afrique comme le continent de l’avenir. Mais c’est au Cameroun que j’ai fait connaissance avec l’Afrique pour la premipre fois, il y a presque 40 ans. C’était en 1979, alors que j’étais premier ministre du Canada. J’ai d’ailleurs été le premier à venir en visite officielle dans votre pays. Ce qui m’a frappé à l’époque c’était les nombreux points communs entre nos pays, comme l’abondance des matières premières et une grande diversité culturelle.

Nos deux pays ont aussi des origines en commun, ce qui est presque unique en Afrique. Avant de devenir des nations indépendantes, nous étions l’un comme l’autre des colonies de puissances européennes; en plus de nos racines indigènes, nous avons tous deux le riche privilège d’un partenariat essentiel entre les citoyens de langue française et les citoyens de langue anglaise. L’une des clés de la réussite canadienne est la création d’un authentique partenariat entre les Canadiens dont la première langue européenne était le français et ceux dont la première langue européenne était l’anglais. En laissant de côté ces tensions, les Canadiens de toutes origines ont pu trouver une cause qui les rassemblait pour bâtir les immenses ressources matérielles et humaines que nous partageons.

Cela ne s’est pas fait automatiquement au Canada. Il y a quelques décennies seulement, un sentiment de colère et d’exclusion a incité de nombreux dirigeants de la population francophone canadienne – notre communauté minoritaire, mais égale sur le plan linguistique – à contester l’inclusivité et la légitimité du Canada. Nous surmontons constamment, toutefois, ces tensions naturelles par un processus électoral et politique qui met l’accent sur le partenariat et non sur les conflits. Je suis fier de faire partie de la majorité qui a réussi à bâtir un respect et un partenariat véritables entre les communautés francophones et anglophones de mon pays, même si je parle la langue de Molière avec un accent très excentrique.

Les citoyens du Canada et du Cameroun travaillent ensemble, en étroite collaboration. L’un des souvenirs les plus vivaces et exaltants que nous conservons – mon épouse et moi-même – de cette première visite au Cameroun, est la sainte messe célébrée à Yaoundé par feu le cardinal Paul-Émile Léger, qui avait pris sa retraite comme archevêque de Montréal et était venu s’établir ici au Cameroun, en tant que simple prêtre et missionnaire, pour y bâtir un hôpital où il s’est occupé pendant dix ans des lépreux et des enfants handicapés.

Je suis revenu en 2004 en tant que chef de la mission d’observation électorale du Commonwealth, forte de commissaires et d’experts compétents de l’Afrique, d’Asie, des Caraïbes, et même du Canada.

We consulted extensively, in every region of Cameroon, and found serious problems with that election. But we decided deliberately to submit recommendations which would allow Cameroon, and the friends of Cameroon, to undertake reforms. As one result, I returned several times to Yaoundé as part of a Cameroon-Commonwealth working committee on the reform of the electoral system, including the creation of the ELECAM.

When I left that role, there were two serious concerns – one about the general autonomy of ELECAM, and the second about the adequacy and timeliness of ELECAM’s funding. The decade since that time have proven the importance of strong electoral commissions in Africa, notably in Nigeria, in Ghana, and in Kenya. I was glad to learn that, under the ELECAM, elections in Cameroon have steadily improved over the years.

Today, I am here at the invitation of Kofi Annan, a friend and an international statesman I admire. On account of our shared values, I joined the Senior Panel of his Electoral Integrity Initiative last year to support its efforts to deepen democracy. This concept of electoral integrity was conceived by a high-level commission of Nobel Peace Prize laureates and other senior statesmen and women in 2012. It is called the Global Commission on Elections, Democracy and Security following his experience in the Kenya elections, and the subsequent reform of Kenya’s entire electoral system.

The Commission noted that while elections had become almost universal since the end of the cold war, many of these processes were not regarded as credible by the electorate because they lacked integrity. As a result, they could not fulfil one of their key functions, which is to confer legitimacy on the winners and security on the losers. Moreover, by depriving people of the possibility of expressing their political preferences through the ballot box, elections without integrity run the risk of inciting citizens to seek out other forms of expression, including potentially violence.

We should never forget that elections are a mechanism that humanity has found to adjudicate political rivalries peacefully, after centuries of bloody conflicts and class warfare. In other words, elections with integrity are an essential peacebuilding tool. It was clear during our conversation yesterday that Mr. Egbe shares this approach, when he stressed that he and his team are essentially peace-makers. How does one ensure the integrity of elections, so that they may be accepted as legitimate, and their results are not contested?

The key, ladies and gentlemen, is trust.

For even in the most established democracies, elections are riddled with problems and errors. But, in most cases, their results are not contested because the population, by and large, trusts the system. But this trust requires constant work to maintain. Confidence-building measures are even more important in new democracies, where the population is usually more suspicious. What are these confidence-building measures? According to Kofi Annan’s Global Commission, they are:

  • political equality
  • professional, impartial and transparent electoral management, before, during and after elections
  • an independent and credible mechanism to adjudicate electoral disputes

The Commission identified five challenges to electoral integrity that all countries have to overcome, to varying degrees :

  • strengthening the rule of law
  • reinforcing election commissions
  • ensuring a conducive and safe environment for political life
  • eliminating obstacles to political participation, especially for women and minorities
  • the transparent regulation of political finance

The commission also recommended constant dialogue between the stakeholders in elections.

Parce que l’ELECAM n’est pas le seul responsable des élections. Pour qu’elles se passent bien, il faut que toutes les parties prenantes jouent leur partition. A commencer par l’Etat, mais aussi les partis politiques, les médias, la société civile, et, bien sûr, les citoyens. Vous tous. Les médias sociaux ont transformé les attitudes traditionnelles par rapport aux élections et à la gouvernance. Pour beaucoup de jeunes aujourd’hui, tweeter ou poster quelque chose sur Facebook fait office de participation politique. Le vote doit rester le principal mode d’expression de la volonté populaire. Pour ce faire, il faut non seulement que les élections se déroulent avec intégrité, mais aussi qu’elles soient perçues comme crédibles par la population.

Je suis ravi de vous voir tous ici, réunis pour aborder ces questions importantes sur la base de l’excellent travail de référence fourni par le CEIDES. Ce rapport dresse un portrait contrasté du paysage électoral camerounais qui devrait vous donner matière à réflexion. Alors que vous allez commencer vos discussions, permettez-moi de rappeler un proverbe africain que j’ai appris lors d’un précédent séjour, selon lequel le dialogue est une des armes les plus puissantes de l’Homme.

Il ne me reste plus qu’à vous remercier de votre accueil et vous souhaiter un excellent dialogue participatif.